La fast-fashion et la slow-fashion sont deux courants qui ne se sont jamais entendus, elles partagent des valeurs diamétralement opposées. La fast-fashion est longtemps restée un marché pionnier dans le monde, mais depuis quelques années on assiste à un changement de comportement vers une consommation textile qui se soucie davantage de la notion environnementale, sociale et éthique. Mais pourquoi ce changement ?

La fast-fashion, c’est quoi exactement ?

D’où est-ce que ça vient ? 

La fast-fashion, qui veut dire mode rapide en français, fait son apparition dans les années 90 avec les grandes enseignes comme Zara, H&M, Mango… Leur stratégie marketing et leurs campagnes massives de publicité sont très efficaces et font rapidement leur effet. On en entend parler absolument partout : à la télé, sur internet, sur les réseaux, à la radio ! Ça n’en finit plus… Très rapidement, le marché s’étend et entre dans le quotidien de “presque” tout le monde.

Pourquoi est-ce que ça plaît ?

Son positionnement est différenciant et révolutionnaire : un renouvellement des collections pratiquement toutes les semaines, des prix très attractifs, une diversité de choix, des articles tendances, des soldes, des réductions… Son pouvoir c’est d’inciter le consommateur à renouveler sa garde-robe constamment.

« Quelque 130 milliards de pièces de vêtements sont produites chaque année dans le monde » (LeMonde)

L’envers du décor

Mais attention, cette mode n’est pas toute rose et ces derniers temps, les consciences s’éveillent. Pour baisser les coûts de production, les vêtements sont fabriqués à l’autre bout du monde dans des usines où la main d’œuvre est la moins chère. Les conditions de travail et la santé des employés sont dénigrées. Quand les stocks sont invendus, très souvent des tonnes d’habits sont jetés dans la nature comme au Ghana, qui reçoit chaque jour environ 160 tonnes de déchets textiles, principalement issus de la fast fashion, d’Australie et du Royaume-Uni ! (Thegoodgoods)

« 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre sont émis chaque année par le secteur du textile » (Oxfamfrance)

La fast-fashion tient un rôle considérable dans le réchauffement climatique. Comme tu l’as compris, cette industrie est un véritable désastre environnemental et social. 

Comme si ça ne suffisait pas, la fabrication est massivement polluante. Nos ressources naturelles, comme les eaux, les sols et l’air sont menacés par les produits toxiques rejetés par les usines. Il faut savoir que 20% de la pollution mondiale des eaux provient du textile, essentiellement dû aux teintures (Oxfam). Les sols s’appauvrissent avec l’utilisation de pesticides pour la culture du coton et l’élevage intensif de bétail pour le cuir ou la laine. On ne parle même pas de la quantité de déchets générée tout au long de la chaîne de production tant il est impossible de l’estimer. 

Un modèle linéaire

La fast-fashion adopte un modèle linéaire, de l’extraction des matières à la fin de vie des produits (élimination). En tirant sans cesse les prix de production vers le bas, les externalités négatives associées à la chaîne de fabrication ne sont pas assumées par les marques. Elles seront à la charge d’autres entités (généralement les pouvoirs publics et donc le contribuable).

Prenons l’exemple d’une externalité négative: le résidu polluant du tannage (fabrication du cuir), si certaines entreprises le rejettent dans un cours d’eau, elles n’ont donc pas à payer son traitement, son coût de production est ainsi plus faible. Toutefois le cours d’eau pollué, lui, engendre des frais économiques (dépollution, dégradation de la santé des riverains, pollution du poisson ingérés par d’autres personnes) qui devront être assumés par une tierce personne. 

La recyclabilité (le fait que le vêtement soit recyclable une fois qu’il ne peut plus être porté) du vêtement n’est évidemment pas pris en compte. La qualité étant diminuée autant que possible, la durée de vie est alors très courte. Les articles se transforment ainsi très rapidement en déchets dont on ne sait quoi faire d’autre que les brûler.

Et aujourd’hui ? 

Les marques de fast-fashion entendent ces contestations et décident de s’engager vers le green et le responsable. Cette mode essaie de redorer son image par de multiples moyens, des étiquettes indiquant « coton 100% bio », mais par qui les vêtements sont-ils fabriqués ? Méfions-nous des devantures verdies en trompe l’oeil quand l’atelier demeure caché pour maintenir des pratiques nocives et critiquables. Sans s’étendre, nous pouvons mentionner le label “Better Cotton Initiative” qui s’apparente à du Green Washing tant il ne représente aucun engagement sur les conditions sociales et environnementales.

Certaines enseignes comme Pimkie, ajoutent même des corners seconde main, est-ce crédible aux yeux des consommateurs après toutes ces accusations ? 

On observe également, les magasins qui vendent des articles qui étaient à la mode à des époques très précises: par exemple cet été, les années 70 faisaient leur grand retour avec des motifs psychédéliques et rétro, des pattes d’éléphant, des manches évasées… Du vintage en fast-fashion, il faut faire preuve d’ironie !

Suite à ces chiffres et ces faits alarmants, le mouvement de la slow-fashion se fait alors une place dans le but d’alerter les consommateurs et de changer les comportements. 


La slow-fashion, qu’est-ce que c’est du coup ?

Selon l’IFM, « 44 % des français interrogés ont acheté moins de vêtements en 2018 »

La slow-fashion, c’est la mode douce, c’est un mouvement en plein essor qui met en avant la qualité avant la quantité ! Elle se positionne comme l’ennemi de la mode rapide.

Un modèle circulaire

Elle veut rediriger les valeurs de la mode vers une fabrication de vêtements dans le respect de l’environnement, des travailleur.se.s et des animaux. L’objectif est de responsabiliser la filière depuis la production de matières premières jusqu’au traitement du vêtement en fin de vie en passant par toutes les étapes intermédiaires (transformation, transport, vente, réutilisation). 

Pour les vêtements que vous ne portez plus, qu’il soit abimé ou non, il est important d’avoir le réflexe de les recycler. Il existe différents moyens: vente en ligne ou en brocante, dons aux boutiques solidaires et associations, dépôt en borne de collecte (Le Relais ou Eco Textile), dons à des amis…

Les 3 facettes de la Slow-fashion

Le marché de la slow-fashion se développe de plus en plus dans notre société, on rencontre 3 différentes facettes :

La production artisanale et le made in France

La production faite main par des créateurs et artisans se développe de plus en plus. Ils fabriquent localement et certifient leur qualité par des labels. Par exemple, Les Trois Tricoteurs, est un bar où tu peux venir te détendre en attendant qu’on te confectionne une paire de chaussettes ou un pull. La production locale ou le made in France limite la pollution générée par le transport et développe l’économie locale. À l’encontre des matières chimiques, ici les matières sont respectueuses de la planète et durent dans le temps, cela permet de rallonger la vie du vêtement. Elle a aussi le mérite de respecter les obligations légales en vigueur dans le pays en termes de protection des travailleurs. Plutôt réjouissant non ?

La production éco-responsable et éthique

On assiste également à une implantation d’entreprises qui adoptent des démarches éco-responsables, un respect des normes et des conditions de travail positives. Melissa Shoes, est un concept qui consiste à récupérer des plastiques pour les transformer en chaussures. Aussi, 1083 est une marque française de Jeans qui fabriqué dans le pays. Elle utilise du coton recyclé et biologique ainsi qu’un délavage au laser (moins polluant et plus économe en énergie).

La seconde main et l’upcycling

La mode douce ce n’est pas que ça, c’est aussi consommer et démocratiser la seconde main textile pour favoriser la récupération sans jeter ni sur-produire. Depuis peu, on observe une extension considérable des friperies et des magasins de mode vintage, que ce soit en physique ou en ligne avec des applications seconde main comme Vinted, Vestiaire Collective, Le Bon Coin… On réalise que les pièces de l’époque sont de meilleure qualité et tiennent beaucoup plus longtemps contrairement à celles issues de la fast-fashion. 

L’upcycling entre aussi dans cette tendance de réutilisation: récupérer des tissus ou des vêtements pour en fabriquer de nouvelles pièces (transformation de plusieurs jeans en veste par exemple). Maison Cléo est une entreprise fondée par une mère et sa fille qui utilise l’upcycling en récupérant des tissus de hautes coutures ou de designer pour créer des pièces uniques. 

Comme tu l’a compris, la slow-fashion c’est clairement un engagement pour un monde plus éthique, écologique et soucieux du bien être humain. l’alternative la plus stylée pour lutter contre la fast-fashion. Maintenant, à toi de choisir celle que tu préfères ?

via GIPHY